Le Psaume 139 déroule en quatre volets une seule découverte : il n'existe aucun endroit, aucun
moment, aucune part de soi que Dieu ne connaisse déjà. Le premier volet constate cette
connaissance — s'asseoir, se lever, penser, parler : tout est su d'avance. Le deuxième essaie la
fuite, par l'espace, par le ciel et l'abîme, par la nuit, et la trouve impossible; mais le poème
fait de cet échec une consolation, car la main dont on ne peut s'éloigner est une main qui
conduit. Le troisième volet descend plus profond que la biographie : avant tout témoin, dans le
secret, le psalmiste a été tissé — et il en tire une louange sur la manière étonnante dont il a
été fait.
Le dernier volet surprend les lecteurs modernes : une éruption contre la violence des méchants,
puis, comme si le psalmiste sentait le danger de sa propre véhémence, la prière finale — sonde-moi,
éprouve-moi, vois si je me fourvoie, et conduis-moi. Le poème qui commençait par constater d'être
connu s'achève en le demandant. C'est le trajet complet de la confiance : de la connaissance subie
à la connaissance consentie.
Psaume 139 · Louis Segond 1910
Au chef des chantres. De David. Psaume. Éternel! Tu me sondes et tu me connais, Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée; Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies. Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, ô Éternel! Tu la connais entièrement. Tu m’entoures par derrière et par devant, Et tu mets ta main sur moi. Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face? Si je monte aux cieux, tu y es; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. Si je dis: Au moins les ténèbres me couvriront, La nuit devient lumière autour de moi; Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, La nuit brille comme le jour, Et les ténèbres comme la lumière. C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien. Mon corps n’était point caché devant toi, Lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, Tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; Et sur ton livre étaient tous inscrits Les jours qui m’étaient destinés, Avant qu’aucun d’eux existât. Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables! Que le nombre en est grand! Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je m’éveille, et je suis encore avec toi. O Dieu, puisses-tu faire mourir le méchant! Hommes de sang, éloignez-vous de moi! Ils parlent de toi d’une manière criminelle, Ils prennent ton nom pour mentir, eux, tes ennemis! Éternel, n’aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, Du dégoût pour ceux qui s’élèvent contre toi? Je les hais d’une parfaite haine; Ils sont pour moi des ennemis. Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur! Éprouve-moi, et connais mes pensées! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité!
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Le même psaume dans d'autres versions
Psaume 139 en entier — Segond 21
Psaume 139 · Segond 21
Au chef de chœur. Psaume de David. Eternel, tu m'examines et tu me connais, tu sais quand je m'assieds et quand je me lève, tu discernes de loin ma pensée. Tu sais quand je marche et quand je me couche, et toutes mes voies te sont familières. La parole n'est pas encore sur ma langue que déjà, Eternel, tu la connais entièrement. Tu m'entoures par-derrière et par-devant, et tu mets ta main sur moi. Une telle connaissance est trop extraordinaire pour moi, elle est trop élevée pour que je puisse l'atteindre. Où pourrais-je aller loin de ton Esprit, où pourrais-je fuir loin de ta présence? Si je monte au ciel, tu es là; si je me couche au séjour des morts, te voilà. Si je prends les ailes de l'aurore pour habiter à l'extrémité de la mer, là aussi ta main me conduira, ta main droite m'empoignera. Si je me dis: «Au moins les ténèbres me couvriront», la nuit devient lumière autour de moi! Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi: la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière. C'est toi qui as formé mes reins, qui m'as tissé dans le ventre de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et je le reconnais bien. Mon corps n'était pas caché devant toi lorsque j'ai été fait dans le secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Je n'étais encore qu'une masse informe, mais tes yeux me voyaient, et sur ton livre étaient inscrits tous les jours qui m'étaient destinés avant qu'un seul d'entre eux n'existe. Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables! Que leur nombre est grand! Comment les compter? Elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je me réveille, et je suis encore avec toi. O Dieu, si seulement tu faisais mourir le méchant! Hommes sanguinaires, éloignez-vous de moi! Ils parlent de toi pour appuyer leurs projets criminels, ils utilisent ton nom pour mentir, eux, tes ennemis! Eternel, comment pourrais-je ne pas détester ceux qui te détestent, n e pas éprouver du dégoût pour ceux qui te combattent? Je les déteste de façon absolue, ils sont pour moi des ennemis. Examine-moi, ô Dieu, et connais mon cœur, mets-moi à l'épreuve et connais mes pensées! Regarde si je suis sur une mauvaise voie et conduis-moi sur la voie de l'éternité!
Psaume 139 en entier — La Bible du Semeur 2015
Psaume 139 · La Bible du Semeur 2015
Au chef de chœur. Psaume de David. Eternel, ╵tu me sondes ╵et tu me connais. Toi, tu sais quand je m’assieds ╵et quand je me lève. De loin, tu discernes ╵tout ce que je pense. Tu sais quand je marche ╵et quand je me couche, et tous mes chemins ╵te sont familiers. Bien avant qu’un mot ╵vienne sur mes lèvres, Eternel, ╵tu sais déjà tout ╵ce que je vais dire. Tu m’entoures ╵par-derrière et par-devant, et tu mets ta main sur moi. Merveilleux savoir ╵hors de ma portée, savoir trop sublime ╵pour que je l’atteigne. Où pourrais-je aller ╵loin de ton Esprit ? Où pourrais-je fuir ╵hors de ta présence ? Si je monte au ciel ╵tu es là, et si je descends ╵au séjour des morts, ╵t’y voilà ! Si j’emprunte ╵les ailes de l’aube et que j’aille demeurer ╵aux confins des mers, là aussi ta main ╵me dirigera, ton bras droit ╵me tiendra. Et si je me dis : ╵« Du moins les ténèbres ╵m’envelopperont », alors la nuit même ╵se change en lumière ╵tout autour de moi. Pour toi, même les ténèbres ╵ne sont pas obscures et la nuit est claire ╵comme le plein jour : lumière ou ténèbres ╵pour toi sont pareilles. Tu m’as fait ce que je suis, et tu m’as tissé ╵dans le ventre de ma mère. Je te loue ╵d’avoir fait de moi ╵une créature ╵aussi merveilleuse : tu fais des merveilles, et je le reconnais bien. Mon corps n’était pas caché ╵à tes yeux quand, dans le secret, ╵je fus façonné et tissé ╵comme dans les profondeurs ╵de la terre. Je n’étais encore ╵qu’une masse informe, ╵mais tu me voyais et, dans ton registre, ╵se trouvaient déjà inscrits tous les jours ╵que tu m’avais destinés alors qu’aucun d’eux ╵n’existait encore. Combien tes desseins, ô Dieu, ╵sont, pour moi, impénétrables, et comme ils sont innombrables ! Si je les comptais, ils seraient bien plus nombreux ╵que les grains de sable ╵sur les bords des mers. Voici, je m’éveille, ╵je suis encore avec toi. Puisses-tu, ô Dieu, ╵faire mourir le méchant ! Que les hommes sanguinaires ╵partent loin de moi ! Ils se servent de ton nom ╵pour leurs desseins criminels, eux, tes adversaires, ╵l’utilisent pour tromper. Eternel, ╵comment donc ne pas haïr ╵ceux qui te haïssent, et ne pas prendre en dégoût ╵ceux qui te combattent ? Eh bien, je leur voue ╵une haine extrême, et les considère ╵comme mes ennemis mêmes. Sonde-moi, ô Dieu, ╵pénètre mon cœur, examine-moi, ╵et pénètre les pensées ╵qui me bouleversent ! Considère si je suis ╵le chemin du mal et dirige-moi ╵sur la voie ╵prescrite depuis toujours !
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